dimanche 19 octobre 2008
Coup de coeur...
Je cherchais une photo pour illustrer une chanson qui me hante et je suis tombée sur un site fascinant... Une femme, identifiée comme g@rota, publie ses superbes photos sur Flicker et les accompagne de poèmes... j'ai passé la soirée à lire et regarder, regarder et lire...
mercredi 15 octobre 2008
Riche de rêves
Cette année encore, j'ai eu envie de participer au Blog Action Day, un "évènement annuel à but non lucratif, ayant pour objectif d’unir les bloggers, podcasters et videocasters du monde entier à publier sur un même sujet au cours d’une journée précise." Le sujet cette année était la pauvreté.
Étonnamment, une statistique lue dans La Presse il y a quelques mois m'est venue en tête: L'an dernier, seulement 44,6% des garçons admis en secondaire 1 en 2002 ont obtenu leur diplôme en 2007, comparativement à 55,8% chez les filles.
Sur 100 garçons qui entrent en secondaire 1, plus de la moitié vont abandonner l'école avant de graduer. On ne parle pas du Cegep ou de l'université. Mais de l'école secondaire. J'avais trouvé cette statistique ahurissante.
Le week-end dernier, à l'épicerie, la jeune fille derrière la caisse conversait avec le jeune garçon qui emballait mes achats, discutant de leur horaire de travail de la semaine. Surprise du grand nombre d'heures de l'emballeur, elle lui demande: "Tu vas à l'école?" Sourire désabusé: "Ben non!" Jeune fille, étonnée: "Ah! Tu as quelle âge?" Sourire supérieur: "15 ans!"
15 ans. Travaillant 40 heures par semaine au salaire minimum ($8.50), 340$ par semaine, $17680 par année. Somme intéressante quand on a 15 ans, un peu moins quand vient le temps de fonder une famille.
Selon une autre étude sur la pauvreté (datant de 1995), 41% de la population montréalaise vit avec de faibles revenus. La corrélation entre les deux statistiques est presque trop facile à faire.
Mais, selon moi, la vraie pauvreté dans ces statistiques n'en n'est pas une économique, mais intellectuelle. Une pauvreté de l'esprit.
L'école, quand elle est à la hauteur, ouvre les horizons. Elle permet de découvrir plusieurs matières, de déterminer nos intérêts, ce qui nous fait vibrer: musique, arts plastiques, maths, géographie, français, sports, technologie, techniques. L'école réunit des gens de tous les milieux, de tous les domaines. Au delà des connaissances théoriques, l'école idéale plante dans la tête des élèves des idées, des rêves, des possibilités.
Ce que je retiens de l'école n'est pas les équations différentielles de mon cours de maths 303, les règles de grammaire ou l'histoire de la langue anglaise. C'est la passion de mes amis en concentration musique au Cégep, la visite d'une salle de rédaction et la publication d'un article dans un journal local, ce travail de composition où je devais prendre position sur un sujet une semaine, puis prendre la position inverse la semaine suivante, histoire d'apprendre à développer des arguments.
Quand plus de 50% des jeunes ne finissent pas leur secondaire, la société se prive non seulement d'une richesse économique, mais aussi d'une richesse intellectuelle qui ne pourrait faire autrement que de créer une richesse économique.
L'objectif d'un meilleur système d'éducation ne serait pas de faire des hordes de médecins, avocats, ingénieurs qui gagneraient très bien leur vie. L'objectif serait de faire des hordes de mécaniciens, médecins, journalistes, artistes, écologistes, mamans à la maison, entrepreneurs, cuisiniers, ébénistes qui auraient choisi un travail qu'ils aiment. Qui seraient curieux, intéressés, engagés, passionnés. Qui auraient envie de voyager, de comprendre le monde. Qui auraient envie de trouver des solutions aux problèmes de pauvreté dans le tiers-monde, de celui des jeunes sans abris à Montréal, ou simplement d'aider leurs voisins.
Je sais qu'il ne faut pas généraliser, et que ce n'est pas parce que quelqu'un ne finit pas son secondaire qu'il ne réussira pas sa vie. (On n'a qu'à penser à Guy Laliberté du Cirque du soleil, qui a quitté l'école et la maison à 14 ans). Mais je me demande si le jeune emballeur de l'épicerie sait toutes les possibilités qui existent pour lui...
Je ne crois évidemment pas que la solution à la pauvreté soit un meilleur système d'éducation. Je sais bien qu'il n'y a aucune solution miracle. Mais j'ai envie de rêver d'une société qui développe son système d'éducation, qui plante des possibilités dans la tête de nos enfants, leur donne les moyens de réaliser leurs rêves, afin qu'ils puissent inventer un monde meilleur.
Car toute richesse, sans richesse de l'esprit, est d'une triste pauvreté.
---
Note: Une famille à « faible revenu » est un ménage qui consacre plus de 55% de ses revenus avant impôt à l'habitation, à l'alimentation et aux vêtements (considérés comme les trois besoins essentiels).
Étonnamment, une statistique lue dans La Presse il y a quelques mois m'est venue en tête: L'an dernier, seulement 44,6% des garçons admis en secondaire 1 en 2002 ont obtenu leur diplôme en 2007, comparativement à 55,8% chez les filles.
Sur 100 garçons qui entrent en secondaire 1, plus de la moitié vont abandonner l'école avant de graduer. On ne parle pas du Cegep ou de l'université. Mais de l'école secondaire. J'avais trouvé cette statistique ahurissante.
Le week-end dernier, à l'épicerie, la jeune fille derrière la caisse conversait avec le jeune garçon qui emballait mes achats, discutant de leur horaire de travail de la semaine. Surprise du grand nombre d'heures de l'emballeur, elle lui demande: "Tu vas à l'école?" Sourire désabusé: "Ben non!" Jeune fille, étonnée: "Ah! Tu as quelle âge?" Sourire supérieur: "15 ans!"
15 ans. Travaillant 40 heures par semaine au salaire minimum ($8.50), 340$ par semaine, $17680 par année. Somme intéressante quand on a 15 ans, un peu moins quand vient le temps de fonder une famille.
Selon une autre étude sur la pauvreté (datant de 1995), 41% de la population montréalaise vit avec de faibles revenus. La corrélation entre les deux statistiques est presque trop facile à faire.
Mais, selon moi, la vraie pauvreté dans ces statistiques n'en n'est pas une économique, mais intellectuelle. Une pauvreté de l'esprit.
L'école, quand elle est à la hauteur, ouvre les horizons. Elle permet de découvrir plusieurs matières, de déterminer nos intérêts, ce qui nous fait vibrer: musique, arts plastiques, maths, géographie, français, sports, technologie, techniques. L'école réunit des gens de tous les milieux, de tous les domaines. Au delà des connaissances théoriques, l'école idéale plante dans la tête des élèves des idées, des rêves, des possibilités.
Ce que je retiens de l'école n'est pas les équations différentielles de mon cours de maths 303, les règles de grammaire ou l'histoire de la langue anglaise. C'est la passion de mes amis en concentration musique au Cégep, la visite d'une salle de rédaction et la publication d'un article dans un journal local, ce travail de composition où je devais prendre position sur un sujet une semaine, puis prendre la position inverse la semaine suivante, histoire d'apprendre à développer des arguments.
Quand plus de 50% des jeunes ne finissent pas leur secondaire, la société se prive non seulement d'une richesse économique, mais aussi d'une richesse intellectuelle qui ne pourrait faire autrement que de créer une richesse économique.
L'objectif d'un meilleur système d'éducation ne serait pas de faire des hordes de médecins, avocats, ingénieurs qui gagneraient très bien leur vie. L'objectif serait de faire des hordes de mécaniciens, médecins, journalistes, artistes, écologistes, mamans à la maison, entrepreneurs, cuisiniers, ébénistes qui auraient choisi un travail qu'ils aiment. Qui seraient curieux, intéressés, engagés, passionnés. Qui auraient envie de voyager, de comprendre le monde. Qui auraient envie de trouver des solutions aux problèmes de pauvreté dans le tiers-monde, de celui des jeunes sans abris à Montréal, ou simplement d'aider leurs voisins.
Je sais qu'il ne faut pas généraliser, et que ce n'est pas parce que quelqu'un ne finit pas son secondaire qu'il ne réussira pas sa vie. (On n'a qu'à penser à Guy Laliberté du Cirque du soleil, qui a quitté l'école et la maison à 14 ans). Mais je me demande si le jeune emballeur de l'épicerie sait toutes les possibilités qui existent pour lui...
Je ne crois évidemment pas que la solution à la pauvreté soit un meilleur système d'éducation. Je sais bien qu'il n'y a aucune solution miracle. Mais j'ai envie de rêver d'une société qui développe son système d'éducation, qui plante des possibilités dans la tête de nos enfants, leur donne les moyens de réaliser leurs rêves, afin qu'ils puissent inventer un monde meilleur.
Car toute richesse, sans richesse de l'esprit, est d'une triste pauvreté.
---
Note: Une famille à « faible revenu » est un ménage qui consacre plus de 55% de ses revenus avant impôt à l'habitation, à l'alimentation et aux vêtements (considérés comme les trois besoins essentiels).
vendredi 10 octobre 2008
dimanche 5 octobre 2008
Sans retenue...
Ce matin j'avais une autre course, un 5km. Hier, j'ai pris une drôle de décision: je courrais aujourd'hui sans stratégie, sans footpod, juste pour le plaisir de la course, moi et la musique.
Sur fond de LCD Soundsystem, Cure et les Chems, j'ai couru sans retenue, sans regret, sans aucune idée de mon rythme donc sans limite, avec comme seul système de mesure comment je me sentais. J'ai regardé ma montre pour la première fois vers 13 minutes; j'ai ralenti pendant une chanson, parce que je savais que je ne pourrais continuer ainsi longtemps. Puis plus tard sur René Lévesque j'ai regardé ma montre une 2e fois et vu que je courais depuis 24 minutes, qu'il me restait encore probablement autour de 6 minutes, et que, malgré les Chems, je n'arrivais pas à voir comment j'allais continuer ainsi. Mais j'ai continué.
J'aurais aimé qu'on prenne une photo de moi, de ma réaction lorsque j'ai vu la ligne d'arrivée pas si loin, et que j'ai vu le chrono: 26:45, et que j'ai couru, couru, pour traverser le fil d'arrivée à 27:18...
27:18... parce que je me suis laissée aller, parce que je n'avais pas de barrière imaginaire, de fausses peurs, parce que je me suis écoutée...
J'aurais aimé une photo de mon sourire à la ligne d'arrivée pour me rappeler... de ce bonheur, de cette liberté, de cette victoire sur moi-même... me rappeler que j'ai envie d'une vie comme cette course...
Sans regret et sans retenue.
Sur fond de LCD Soundsystem, Cure et les Chems, j'ai couru sans retenue, sans regret, sans aucune idée de mon rythme donc sans limite, avec comme seul système de mesure comment je me sentais. J'ai regardé ma montre pour la première fois vers 13 minutes; j'ai ralenti pendant une chanson, parce que je savais que je ne pourrais continuer ainsi longtemps. Puis plus tard sur René Lévesque j'ai regardé ma montre une 2e fois et vu que je courais depuis 24 minutes, qu'il me restait encore probablement autour de 6 minutes, et que, malgré les Chems, je n'arrivais pas à voir comment j'allais continuer ainsi. Mais j'ai continué.
J'aurais aimé qu'on prenne une photo de moi, de ma réaction lorsque j'ai vu la ligne d'arrivée pas si loin, et que j'ai vu le chrono: 26:45, et que j'ai couru, couru, pour traverser le fil d'arrivée à 27:18...
27:18... parce que je me suis laissée aller, parce que je n'avais pas de barrière imaginaire, de fausses peurs, parce que je me suis écoutée...
J'aurais aimé une photo de mon sourire à la ligne d'arrivée pour me rappeler... de ce bonheur, de cette liberté, de cette victoire sur moi-même... me rappeler que j'ai envie d'une vie comme cette course...
Sans regret et sans retenue.
mercredi 1 octobre 2008
De poésie, Paul Éluard et autres
J'ai pris mon courage à deux mains hier et je suis allée à la lecture de poésie. L'expérience a été très intéressante sur plusieurs aspects, même si je n'ai pas nécessairement apprécié tous les poèmes lus. Le thème de la soirée était un hommage à Félix Leclerc sous forme de poèmes écrits pas des poètes québécois et français. Plusieurs poèmes étaient en alexandrins ou d'un style plus formel, et je préfère de beaucoup les poèmes plus bordéliques, à la Prévert (que j'aime tant) ou Hélène Dorion (dont les vers déchirants me hantent).
Je réalisais aussi l'importance de la voix du lecteur dans l'appréciation du poème. La voix peut ajouter beaucoup au poème... comme elle peut nuire. Certains poèmes étaient très moyens mais lus avec une voix jolie et grave, alors le poème semblait plus intéressant. D'autres poèmes étaient intéressants ou touchants, mais leur auteur avait une voix nasillarde très désagréable, détonnant avec la douleur et l'intensité des mots.
Malgré tout, maintenant que j'ai brisé la glace, je retournerai à des lectures de poésie. Je repensais à un truc que j'avais lu dans le journal il y a quelques temps, où un poète québécois (Normand Baillargeon) expliquait comment "amadouer" la poésie; je le cite: "D'abord, en lire à voix haute; ensuite, tenter d'en apprendre par coeur; et enfin, respecter ses intuitions et ses goûts dans les poètes choisis."
Parlant de poètes choisis, je recopie ici certains poèmes plus intimes que j'aime bien. Un de mes recueils préférés de poèmes est Capitale de la douleur / L'amour la poésie de Paul Éluard (superbe titre, non?), qui contient certains de ses poèmes plus intimes. J'irais bien à une lecture de ces poèmes par James Hyndman...
Elle se penche sur moi

Elle se penche sur moi
Le coeur ignorant
Pour voir si je l'aime
Elle a confiance elle oublie
Sous les nuages de ses paupières
Sa tête s'endort dans mes mains
Où sommes-nous
Ensemble, inséparables
Vivants vivants
Vivant vivante
Et ma tête roule en ses rêves
D’une seule caresse
Je te fais briller de tout ton éclat
-Paul Éluard (illustré par Marc Chagall)
L'amoureuse
Elle est debout sur mes paupières
Et ses cheveux sont dans les miens,
Elle a la forme de mes mains,
Elle a la couleur de mes yeux,
Elle s'engloutit dans mon ombre
Comme une pierre sur le ciel.
Elle a toujours les yeux ouverts
Et ne me laisse pas dormir.
Ses rêves en pleine lumière
Font s'évaporer les soleils
Me font rire, pleurer et rire,
Parler sans avoir rien à dire.
- Paul Éluard
Désirs
Je marche sur la rue
Fin du jour
Une odeur
Ton odeur
Mon coeur s'arrête
Je ferme les yeux
...
Un lit
Voiles blancs, murs bleus
La musique...
Fringues par fringues
Ma tête dans ton cou
Mes lèvres sur ta peau
M'imprégner
de ton odeur
J'ai tant de désir...
Je retire tout ce qui est de trop sur toi
Tes mains
La chaleur de tes doigts
descendent
sur moi
mes seins
plus bas
Là...
Juste là...
Je soupire
Ma tête tourne
Mes yeux se ferment
Tant de désir...
Viens par là que je me fasse mon cinéma
Moi
sur toi
Mes cheveux
qui tombent
te caressent
Je goute
ta bouche
ton cou
ton odeur
toi
Là…
Juste là…
Je fantasme nuit et jour
Je t'enveloppe
Toi
à moi
Toi
en moi
Regarde comme tu me manques
…
J’ouvre les yeux
La nuit est tombée
L’odeur disparue
Tant de désir...
Et que le diable m'emporte
- Léa Woolf
Je réalisais aussi l'importance de la voix du lecteur dans l'appréciation du poème. La voix peut ajouter beaucoup au poème... comme elle peut nuire. Certains poèmes étaient très moyens mais lus avec une voix jolie et grave, alors le poème semblait plus intéressant. D'autres poèmes étaient intéressants ou touchants, mais leur auteur avait une voix nasillarde très désagréable, détonnant avec la douleur et l'intensité des mots.
Malgré tout, maintenant que j'ai brisé la glace, je retournerai à des lectures de poésie. Je repensais à un truc que j'avais lu dans le journal il y a quelques temps, où un poète québécois (Normand Baillargeon) expliquait comment "amadouer" la poésie; je le cite: "D'abord, en lire à voix haute; ensuite, tenter d'en apprendre par coeur; et enfin, respecter ses intuitions et ses goûts dans les poètes choisis."
Parlant de poètes choisis, je recopie ici certains poèmes plus intimes que j'aime bien. Un de mes recueils préférés de poèmes est Capitale de la douleur / L'amour la poésie de Paul Éluard (superbe titre, non?), qui contient certains de ses poèmes plus intimes. J'irais bien à une lecture de ces poèmes par James Hyndman...
Elle se penche sur moi

Elle se penche sur moi
Le coeur ignorant
Pour voir si je l'aime
Elle a confiance elle oublie
Sous les nuages de ses paupières
Sa tête s'endort dans mes mains
Où sommes-nous
Ensemble, inséparables
Vivants vivants
Vivant vivante
Et ma tête roule en ses rêves
D’une seule caresse
Je te fais briller de tout ton éclat
-Paul Éluard (illustré par Marc Chagall)
L'amoureuse
Elle est debout sur mes paupières
Et ses cheveux sont dans les miens,
Elle a la forme de mes mains,
Elle a la couleur de mes yeux,
Elle s'engloutit dans mon ombre
Comme une pierre sur le ciel.
Elle a toujours les yeux ouverts
Et ne me laisse pas dormir.
Ses rêves en pleine lumière
Font s'évaporer les soleils
Me font rire, pleurer et rire,
Parler sans avoir rien à dire.
- Paul Éluard
Désirs
Je marche sur la rue
Fin du jour
Une odeur
Ton odeur
Mon coeur s'arrête
Je ferme les yeux
...
Un lit
Voiles blancs, murs bleus
La musique...
Fringues par fringues
Ma tête dans ton cou
Mes lèvres sur ta peau
M'imprégner
de ton odeur
J'ai tant de désir...
Je retire tout ce qui est de trop sur toi
Tes mains
La chaleur de tes doigts
descendent
sur moi
mes seins
plus bas
Là...
Juste là...
Je soupire
Ma tête tourne
Mes yeux se ferment
Tant de désir...
Viens par là que je me fasse mon cinéma
Moi
sur toi
Mes cheveux
qui tombent
te caressent
Je goute
ta bouche
ton cou
ton odeur
toi
Là…
Juste là…
Je fantasme nuit et jour
Je t'enveloppe
Toi
à moi
Toi
en moi
Regarde comme tu me manques
…
J’ouvre les yeux
La nuit est tombée
L’odeur disparue
Tant de désir...
Et que le diable m'emporte
- Léa Woolf
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