Voilà. J'ai survécu à ma première mammographie.
Après avoir lu sur le sujet, vu toutes ces caricatures de femmes après l'examen, j'appréhendais vraiment l'expérience. Je m'imaginais en douleur extrême, les seins minces comme des feuilles de papier et longs comme... mes bras. J'ai beaucoup d'imagination.
Fort heureusement, le test n'était pas douloureux, mais il était vraiment inconfortable. Et tellement... clinique, transformant une partie intégrale, essentielle de mon corps, de ma sensualité en appendices qu'on peut étirer, écraser, tirer, pousser, pincer. En sortant, j'ai eu envie d'aller m'acheter de la lingerie toute en soie et en dentelles, histoire de me redonner un peu de douceur et féminité. Je suis plutôt revenue à la maison, j'ai enlevé mes souliers, préparé un thé vert japonais, mis Elsiane à plein volume. Et bien installée sur mon divan, avec ma petite tasse verte, j'ai écrit.
***
J'étais à l'envers à l'idée de ce test depuis deux semaines. Ce n'est pas les résultats qui m'inquiétaient (j'ai une docteur qui aime la prévention et qui voulait confirmer que certaines densités présentes depuis des années se tiennent bien tranquilles) autant que le symbole. Je ne suis plus une jeune poulette, puisque je suis rendue à l'âge des mammographies. Et si je passe un test de dépistage, c'est que, avec la quarantaine, je tombe dans une zone plus à risque du cancer du sein. Et je pourrais mourir.
Et j'ai une peur terrible de la mort.
***
Peut-être justement parce que je passais ce test aujourd'hui, parce qu'il réveillait mes peurs, je me sens très proche de mes enfants ces jours-ci. Je suis plus présente, je les écoute, je les regarde, je les trouve beaux, drôles, intéressants. Peut-être parce que je sens l'importance que j'ai dans leur vie, parce que je réalise l'impact qu'une telle maladie aurait sur eux, j'ai envie de vivre pleinement mes moments avec eux, mes vacances commencées maintenant depuis quelques heures.
Je cherche souvent le sens de ma vie, je me questionne sur mes buts. Aujourd'hui, j'ai simplement envie d'apprécier ces moments tous simples, qui ne sont ni un objectif, ni une réalisation, mais qui m'apportent tant de bonheur. Rigoler avec ma famille. Apprécier l'herbe sous mes pieds un midi dans un parc. Un souper entre amis. Une soirée de filles. Le soleil sur l'eau le matin. Une complicité. Un sourire. Une bouteille de vin partagée avec mon amoureux. Pleurer devant un extrait de livre qui me touche tant, qui est totalement moi. Danser seule dans mon salon un jeudi après-midi.
Tout ça, ici, maintenant. Tout simplement.
jeudi 23 juillet 2009
samedi 18 juillet 2009
À la frontière de l'enfance et l'adolescence
J'ai le cœur un peu triste.
Mathilde vient de partir en camping pour la fête de son meilleur ami, Mathieu ("ben, mon meilleur ami gars, là, parce que ma best c'est Audrey"). Mathieu a invité Mathilde et deux autres amis au camping de ses grands-parents; avec la maman de Mathieu, ils ont prévu jouer au soccer, se baigner, aller à une fête sur la plage ce soir, coucher dans une tente (avec la maman, condition essentielle pour que je la laisse partir :), et revenir demain en après-midi.
Je suis un peu à l'envers, parce que les préparatifs pour cette fête me faisaient réaliser à quel point elle est à la frontière entre l'enfance et l'adolescence. Elle tenait absolument à aller chez le coiffeur pour avoir les cheveux bien droits pour la fête, mais elle a apporté son pyjama de petite fille avec de grosses grenouilles. Elle avait coquettement passé une petite sacoche en bandouillère, mais elle y avait mis son toutou préféré. Nous sommes allés magasiner dernièrement, et déjà elle planifiait ce qu'elle allait porter pour ce week-end, pour "être très jolie"; en même temps, elle ne voulait pas de jupe "parce que je ne pourrai pas grimper dans les arbres sinon."
Elle n'est plus une enfant, n'est pas encore une adolescente, mais elle est à la fois un peu des deux.
Je la regardais ce matin, alors qu'elle était chez le coiffeur, et je la trouvais si belle. Et ce n'était pas tant son visage que je trouve si joli (même si c'est le cas, je suis sa maman tout de même :) autant que tout ce qu'on pouvait y lire: l'excitation dans son regard, l'enthousiasme dans son sourire, la fierté de se trouver jolie.
Je l'aime, ma fille, à la fois si grande et si petite.
***
Mots d'enfants
Sur un tout autre sujet, hier je suis allée visiter Heathcliff, mon coiffeur littéraire préféré. Il a suggéré de lisser mes cheveux, pour faire changement. J'oublie toujours à quel point ça me change complètement (et non, malheureusement, je n'ai pas de photo :). Lorsque je suis arrivée à la garderie, Félix, 5 ans, a dit: "Étienne, regarde, tu as une nouvelle maman!" Sophie, une petite amie anglophone, a ensuite dit: "Wow, you got new hair!" Puis, elle m'a demandé d'un air perplexe, très sérieusement: "But... how does one get new hair, I wonder?"
J'adore les enfants de 5 ans. :)
Mathilde vient de partir en camping pour la fête de son meilleur ami, Mathieu ("ben, mon meilleur ami gars, là, parce que ma best c'est Audrey"). Mathieu a invité Mathilde et deux autres amis au camping de ses grands-parents; avec la maman de Mathieu, ils ont prévu jouer au soccer, se baigner, aller à une fête sur la plage ce soir, coucher dans une tente (avec la maman, condition essentielle pour que je la laisse partir :), et revenir demain en après-midi.
Je suis un peu à l'envers, parce que les préparatifs pour cette fête me faisaient réaliser à quel point elle est à la frontière entre l'enfance et l'adolescence. Elle tenait absolument à aller chez le coiffeur pour avoir les cheveux bien droits pour la fête, mais elle a apporté son pyjama de petite fille avec de grosses grenouilles. Elle avait coquettement passé une petite sacoche en bandouillère, mais elle y avait mis son toutou préféré. Nous sommes allés magasiner dernièrement, et déjà elle planifiait ce qu'elle allait porter pour ce week-end, pour "être très jolie"; en même temps, elle ne voulait pas de jupe "parce que je ne pourrai pas grimper dans les arbres sinon."
Elle n'est plus une enfant, n'est pas encore une adolescente, mais elle est à la fois un peu des deux.
Je la regardais ce matin, alors qu'elle était chez le coiffeur, et je la trouvais si belle. Et ce n'était pas tant son visage que je trouve si joli (même si c'est le cas, je suis sa maman tout de même :) autant que tout ce qu'on pouvait y lire: l'excitation dans son regard, l'enthousiasme dans son sourire, la fierté de se trouver jolie.
Je l'aime, ma fille, à la fois si grande et si petite.
***
Mots d'enfants
Sur un tout autre sujet, hier je suis allée visiter Heathcliff, mon coiffeur littéraire préféré. Il a suggéré de lisser mes cheveux, pour faire changement. J'oublie toujours à quel point ça me change complètement (et non, malheureusement, je n'ai pas de photo :). Lorsque je suis arrivée à la garderie, Félix, 5 ans, a dit: "Étienne, regarde, tu as une nouvelle maman!" Sophie, une petite amie anglophone, a ensuite dit: "Wow, you got new hair!" Puis, elle m'a demandé d'un air perplexe, très sérieusement: "But... how does one get new hair, I wonder?"
J'adore les enfants de 5 ans. :)
mercredi 15 juillet 2009
Terminer ou ne pas terminer?
Je l'avoue. J'ai abandonné.
J'essaie de lire Eat, Pray, Love depuis bientôt 2 semaines. Plusieurs amies m'avaient parlé de ce livre, que je refusais de lire à cause du "Pray." Eat, ça me va, Love, encore plus, mais Pray? Non merci. Mais après avoir vu un extrait d'une conférence de Elizabeth Gilbert, l'auteure du livre, j'ai eu envie d'essayer. Je l'ai trouvée si fascinante, si inspirante, si drôle, je me suis dit que son livre serait sûrement ainsi.
J'aurais dû me douter que si "pray" était dans le titre... il serait partout dans le livre. Et bien que Gilbert n'essaie jamais d'évangéliser son public, je n'arrivais pas à me sentir touchée par ses recherches spirituelles. Je ne reprenais jamais ma lecture avec enthousiasme, choisissant plus souvent d'écouter mon iPod.
J'ai donc décidé d'abandonner la lecture... et je me sens très coupable. Peut-être parce que j'aime écrire, je pense toujours à ce pauvre auteur qui a passé tant de temps sur son livre et voilà que moi, après à peine quelques heures de lecture, je décide qu'il ne vaut pas la peine (le livre? l'auteur?). Ma culpabilité est pire encore pour ce livre, comme l'auteure était si sympathique.
Mais en même temps... est-ce qu'on se doit de terminer un roman qui ne nous excite pas? Ne nous touche pas? Ne nous fait pas vibrer? La vie est si courte, et il y a tant de livres... Ma table de chevet en déborde! Je l'ai donc mis de côté, et je le reprendrai peut-être un jour. Ou peut-être pas. Je suis désolée, Mme Gilbert, mais... c'est juste pas mon truc.
Lorsque j'ai ouvert le livre que j'ai finalement choisi hier (Falling, de Anne Simpson), j'ai eu la surprise d'y lire une superbe citation de Neruda, ce poète que j'aime tant:
J'y ai vu un signe de la bonne décision. Everything in its right place.
J'essaie de lire Eat, Pray, Love depuis bientôt 2 semaines. Plusieurs amies m'avaient parlé de ce livre, que je refusais de lire à cause du "Pray." Eat, ça me va, Love, encore plus, mais Pray? Non merci. Mais après avoir vu un extrait d'une conférence de Elizabeth Gilbert, l'auteure du livre, j'ai eu envie d'essayer. Je l'ai trouvée si fascinante, si inspirante, si drôle, je me suis dit que son livre serait sûrement ainsi.
J'aurais dû me douter que si "pray" était dans le titre... il serait partout dans le livre. Et bien que Gilbert n'essaie jamais d'évangéliser son public, je n'arrivais pas à me sentir touchée par ses recherches spirituelles. Je ne reprenais jamais ma lecture avec enthousiasme, choisissant plus souvent d'écouter mon iPod.
J'ai donc décidé d'abandonner la lecture... et je me sens très coupable. Peut-être parce que j'aime écrire, je pense toujours à ce pauvre auteur qui a passé tant de temps sur son livre et voilà que moi, après à peine quelques heures de lecture, je décide qu'il ne vaut pas la peine (le livre? l'auteur?). Ma culpabilité est pire encore pour ce livre, comme l'auteure était si sympathique.
Mais en même temps... est-ce qu'on se doit de terminer un roman qui ne nous excite pas? Ne nous touche pas? Ne nous fait pas vibrer? La vie est si courte, et il y a tant de livres... Ma table de chevet en déborde! Je l'ai donc mis de côté, et je le reprendrai peut-être un jour. Ou peut-être pas. Je suis désolée, Mme Gilbert, mais... c'est juste pas mon truc.
Lorsque j'ai ouvert le livre que j'ai finalement choisi hier (Falling, de Anne Simpson), j'ai eu la surprise d'y lire une superbe citation de Neruda, ce poète que j'aime tant:
Some other time, man or woman, traveler,
later, when I am not alive,
look here, look for me
between stone and ocean,
in the light storming
through the foam.
Look here, look for me,
for here I will return, without saying a thing...
--Pablo Neruda, I will return
J'y ai vu un signe de la bonne décision. Everything in its right place.
samedi 11 juillet 2009
L'art de ne rien faire
Jeudi dernier je dinais avec des amis dans un parc près du bureau, profitant de la journée incroyablement ensoleillée. Après avoir discuté musique et voyages, nous avons abordé le problème du rythme effréné de nos vies, notre désir commun de vouloir prendre notre temps, l'incapacité des nord-américains à ne rien faire. J'ai dit que j'aimerais bien écrire un livre sur l'art de ne rien faire, mais que j'étais convaincue que ça existe déjà. En effet, une recherche un peu plus tard sur Amazon me retourne justement ce livre, "The Art of Doing Nothing."
Les nord-américains ne savent peut-être pas comment ne rien faire, mais ils en ont clairement envie.
***
Ça me trotte dans le tête depuis. J'étais d'humeur généralement grise cette semaine, malgré certaines éclaircies plus joyeuses. Je suis plus fatiguée depuis quelques temps, je trouve le rythme de ma vie trop intense. J'aurais envie d'un peu de tranquilité.
En fait, j'aurais envie de ne rien faire.
***
Je me suis réveillée vendredi matin avec l'intention de ne rien faire. Mais que veut dire ne rien faire? Et est-ce possible avec des enfants qui s'amusent et gravitent autour de moi? Alors je me suis demandé: Si je n'avais pas les enfants avec moi, aucune responsabilité, tous les moyens, quelle serait une journée idéale à ne rien faire?
Mon esprit s'est mis à dériver. Je me suis imaginée dans les Caraibes, dans une maison sur le bord de la mer. C'est le matin, je suis bien installée dans mon hamac, un café en main, entourée de livres, d'un cahier pour écrire. Je passe la matinée à lire, tranquille. Un peu avant le diner, je vais marcher, puis je me prépare un diner simple et exotique avec papayes et mangues. Je retourne dans mon hamac, je dors, lis, écris un peu. Après le thé de fin d'après-midi, je vais courir au bord de la mer. Puis j'ouvre une bouteille de vin et je me prépare un repas incroyable pour souper, en écoutant de la musique. Je lis peut-être encore, ou je danse un peu, puis je vais me coucher.
Ce que je réalise en revenant à la réalité, c'est qu'il y a l'art de ne rien faire, mais il y a surtout l'art de faire ce dont on a envie. À son rythme.
***
Je me suis excitée de cette découverte et j'ai élaboré un plan pour mon livre "L'art de faire selon nos envies". J'allais d'abord faire la liste de ce que je fais mais qui n'est pas nécessaire et qu'on fait par obligation ou habitude, genre perdre son temps sur internet (ou avec la télé, pour les mordus). Puis j'allais faire une liste de mes envies. J'allais m'établir un programme oû j'allais éliminer ce que je fais qui est non nécessaire, planifier des cases oû j'allais faire ce dont j'avais envie et d'autres oû j'allais ne rien faire.
J'avais trouvé! J'allais optimiser ma vie!
***
Finalement, j'ai décidé de ne rien faire.
L'optimisation me donne des crises d'anxiété. En plus, l'ironie de tout ceci est hilarante: je ne faisais que rajouter des contraintes et des objectifs à ma vie déjà sur-organisée.
Dans le fond, j'ai simplement besoin de ralentir un peu. En ralentissant, je serai plus consciente de mon environnement, de mes désirs et de mes inconforts. Des endroits où je perds mon temps, et de ceux où j'ai envie de m'égarer encore un peu plus longtemps. J'entendrai plus la musique qui joue en background, je profiterai plus du soleil quand je déjeune dehors, et je saurai que ce que j'ai vraiment envie de faire aujourd'hui c'est d'aller courir sur ma super trame sonore, de profiter du soleil avec ma famille, de préparer une bouffe délirante.
Tranquillement.
Les nord-américains ne savent peut-être pas comment ne rien faire, mais ils en ont clairement envie.
***
Ça me trotte dans le tête depuis. J'étais d'humeur généralement grise cette semaine, malgré certaines éclaircies plus joyeuses. Je suis plus fatiguée depuis quelques temps, je trouve le rythme de ma vie trop intense. J'aurais envie d'un peu de tranquilité.
En fait, j'aurais envie de ne rien faire.
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Je me suis réveillée vendredi matin avec l'intention de ne rien faire. Mais que veut dire ne rien faire? Et est-ce possible avec des enfants qui s'amusent et gravitent autour de moi? Alors je me suis demandé: Si je n'avais pas les enfants avec moi, aucune responsabilité, tous les moyens, quelle serait une journée idéale à ne rien faire?
Mon esprit s'est mis à dériver. Je me suis imaginée dans les Caraibes, dans une maison sur le bord de la mer. C'est le matin, je suis bien installée dans mon hamac, un café en main, entourée de livres, d'un cahier pour écrire. Je passe la matinée à lire, tranquille. Un peu avant le diner, je vais marcher, puis je me prépare un diner simple et exotique avec papayes et mangues. Je retourne dans mon hamac, je dors, lis, écris un peu. Après le thé de fin d'après-midi, je vais courir au bord de la mer. Puis j'ouvre une bouteille de vin et je me prépare un repas incroyable pour souper, en écoutant de la musique. Je lis peut-être encore, ou je danse un peu, puis je vais me coucher.
Ce que je réalise en revenant à la réalité, c'est qu'il y a l'art de ne rien faire, mais il y a surtout l'art de faire ce dont on a envie. À son rythme.
***
Je me suis excitée de cette découverte et j'ai élaboré un plan pour mon livre "L'art de faire selon nos envies". J'allais d'abord faire la liste de ce que je fais mais qui n'est pas nécessaire et qu'on fait par obligation ou habitude, genre perdre son temps sur internet (ou avec la télé, pour les mordus). Puis j'allais faire une liste de mes envies. J'allais m'établir un programme oû j'allais éliminer ce que je fais qui est non nécessaire, planifier des cases oû j'allais faire ce dont j'avais envie et d'autres oû j'allais ne rien faire.
J'avais trouvé! J'allais optimiser ma vie!
***
Finalement, j'ai décidé de ne rien faire.
L'optimisation me donne des crises d'anxiété. En plus, l'ironie de tout ceci est hilarante: je ne faisais que rajouter des contraintes et des objectifs à ma vie déjà sur-organisée.
Dans le fond, j'ai simplement besoin de ralentir un peu. En ralentissant, je serai plus consciente de mon environnement, de mes désirs et de mes inconforts. Des endroits où je perds mon temps, et de ceux où j'ai envie de m'égarer encore un peu plus longtemps. J'entendrai plus la musique qui joue en background, je profiterai plus du soleil quand je déjeune dehors, et je saurai que ce que j'ai vraiment envie de faire aujourd'hui c'est d'aller courir sur ma super trame sonore, de profiter du soleil avec ma famille, de préparer une bouffe délirante.
Tranquillement.
lundi 6 juillet 2009
Sous les étoiles avec Patrick
C'est grâce à Mathilde.
En après-midi, j'avais abandonné. Le cuisant échec de de Bran Van en tête--je n'avais même pas réussi à *entendre* le band l'an dernier--je me suis dit que ça ne valait même pas la peine d'essayer d'aller voir un concert avec des dizaines de milliers de personne au Festival de Jazz. Surtout Patrick Watson, dont la musique est si intime. De toute façon, à 5 pieds 3 et des poussières, je ne vois jamais rien.
C'est Mathilde qui m'a dit: "Mais maman, tu ne peux pas manquer ça! Vas-y, au moins, essaie, et si ça ne marche pas tu n'as qu'à revenir! Qu'est-ce que tu as à perdre?"
Excellente question.
Et grâce à ma grande amie (vive les choix illogiques, Elsa!), nous nous sommes retrouvées tout près de la scène, à gauche, derrière une caméra sur rail qui nous a gênées un tout petit peu au début, mais qui créait un trou nous permettant de voir encore mieux. En fait, nous voyions mieux qu'à bien des concerts pour lesquels nous avions payés.
Et quel concert c'était. Patrick Watson est un de ces musiciens que j'aime tant: naturel, généreux (3 rappels!), heureux d'être en scène, brillant, créatif. Malgré les quelques problèmes techniques, c'est un des grands concerts que j'ai vus cette année.
En marchant un peu dans la nuit après le concert, Elsa et moi avons décidé de tirer une leçon de cette soirée. Après Mathilde, il y a eu Patrick Watson qui dans la soirée, devant des dizaines de milliers de personnes, a dit avant d'essayer une nouvelle technique (délirante!) pour pouvoir se promener dans la foule: "Bon, ça se peut que ça ne marche pas, mais on va essayer."
Et parfois, ça marche.
En après-midi, j'avais abandonné. Le cuisant échec de de Bran Van en tête--je n'avais même pas réussi à *entendre* le band l'an dernier--je me suis dit que ça ne valait même pas la peine d'essayer d'aller voir un concert avec des dizaines de milliers de personne au Festival de Jazz. Surtout Patrick Watson, dont la musique est si intime. De toute façon, à 5 pieds 3 et des poussières, je ne vois jamais rien.
C'est Mathilde qui m'a dit: "Mais maman, tu ne peux pas manquer ça! Vas-y, au moins, essaie, et si ça ne marche pas tu n'as qu'à revenir! Qu'est-ce que tu as à perdre?"
Excellente question.
Et grâce à ma grande amie (vive les choix illogiques, Elsa!), nous nous sommes retrouvées tout près de la scène, à gauche, derrière une caméra sur rail qui nous a gênées un tout petit peu au début, mais qui créait un trou nous permettant de voir encore mieux. En fait, nous voyions mieux qu'à bien des concerts pour lesquels nous avions payés.Et quel concert c'était. Patrick Watson est un de ces musiciens que j'aime tant: naturel, généreux (3 rappels!), heureux d'être en scène, brillant, créatif. Malgré les quelques problèmes techniques, c'est un des grands concerts que j'ai vus cette année.
En marchant un peu dans la nuit après le concert, Elsa et moi avons décidé de tirer une leçon de cette soirée. Après Mathilde, il y a eu Patrick Watson qui dans la soirée, devant des dizaines de milliers de personnes, a dit avant d'essayer une nouvelle technique (délirante!) pour pouvoir se promener dans la foule: "Bon, ça se peut que ça ne marche pas, mais on va essayer."
Et parfois, ça marche.
samedi 4 juillet 2009
Entre vous et moi
Ça fait trois ans aujourd'hui que j'ai commencé ce blog, inspirée par un ami. Avec un petit texte de rien du tout. Une perche que je lançais. Je n'avais pas réalisé à quel point ce blog allait devenir mon terrain de jeu, le babillard de ma vie.
Dans ma déroute de blues du blog plus tôt cette année, je me suis questionnée sur l'utilité, la pertinence de ces textes pour mon lectorat (aussi petit soit-il :-). Qui pouvait bien être intéressé par tout ce que j'écris? Il y a tant de blogs sur le web, pourquoi le mien? Les textes sont si hétéroclites--des photos de ma famille à mes états d'âme à la poésie à la musique--qui pouvait bien partager exactement tous ces intérêts?
Mais j'ai compris que ces questions ne sont pas importantes. J'écris ces textes pour moi; ils reflètent exactement qui je suis. J'écris parce que j'en ai envie. Envie. Et pour en garder l'authenticité, je ne dois pas penser à qui me lit lorsque j'écris. Parce que j'en viendrais à me censurer, à laisser mes envies, rêves, bonheurs, désirs de côté pour répondre à ce que je crois qu'on s'attendrait de moi, au lieu d'être juste moi. Tout est là, non?
Et j'ai envie d'être moi, besoin d'être moi, et ici est un des endroits où je peux l'être vraiment, où je peux même découvrir qui je suis.
Mais je ne peux dire qu'il m'est égal de ne pas être lue. Si c'était vraiment le cas, pourquoi ce besoin d'écrire sur ce blog plutôt que dans un journal intime? Je n'ai aucune ambition d'être publiée. Être lue par un seul lecteur serait suffisant. Mais j'ai besoin de ce lecteur dans mes moments de doute, lorsque j'ai l'impression que ça ne vaut pas la peine, lorsque je me sens seule, lorsque j'ai besoin d'être entendue. Fut-ce par une seule personne.
J'écris pour moi. Mais j'ai besoin de vous. Merci d'être là.
Dans ma déroute de blues du blog plus tôt cette année, je me suis questionnée sur l'utilité, la pertinence de ces textes pour mon lectorat (aussi petit soit-il :-). Qui pouvait bien être intéressé par tout ce que j'écris? Il y a tant de blogs sur le web, pourquoi le mien? Les textes sont si hétéroclites--des photos de ma famille à mes états d'âme à la poésie à la musique--qui pouvait bien partager exactement tous ces intérêts?
Mais j'ai compris que ces questions ne sont pas importantes. J'écris ces textes pour moi; ils reflètent exactement qui je suis. J'écris parce que j'en ai envie. Envie. Et pour en garder l'authenticité, je ne dois pas penser à qui me lit lorsque j'écris. Parce que j'en viendrais à me censurer, à laisser mes envies, rêves, bonheurs, désirs de côté pour répondre à ce que je crois qu'on s'attendrait de moi, au lieu d'être juste moi. Tout est là, non?
Et j'ai envie d'être moi, besoin d'être moi, et ici est un des endroits où je peux l'être vraiment, où je peux même découvrir qui je suis.
Mais je ne peux dire qu'il m'est égal de ne pas être lue. Si c'était vraiment le cas, pourquoi ce besoin d'écrire sur ce blog plutôt que dans un journal intime? Je n'ai aucune ambition d'être publiée. Être lue par un seul lecteur serait suffisant. Mais j'ai besoin de ce lecteur dans mes moments de doute, lorsque j'ai l'impression que ça ne vaut pas la peine, lorsque je me sens seule, lorsque j'ai besoin d'être entendue. Fut-ce par une seule personne.
J'écris pour moi. Mais j'ai besoin de vous. Merci d'être là.
jeudi 2 juillet 2009
Sauter la pluie
Jeudi, 5 p.m.
Je sors du train, perdue dans mes pensées, Misstress Barbara sur mon iPod, un soleil éclatant dans le ciel. Ploc. Ploc. Ploc. Comme ça, subitement, il se met à pleuvoir. Un peu, tout doucement, malgré le ciel encore bleu. Je ne peux résister à la tentation, je passe à la neuvième chanson.
I'm running in the rain on a dark and cloudy day
Wondering if you'll hear what I have to say
J'adore cette chanson, tellement simple mais si entraînante. Elle me donne envie de courir de bonheur, me rappelle mes courses au bord de l'eau, mes pauses au quai de l'horloge, les ciels bleus ciels verts, mes sauts au dessus du ruisseau.
I'm running through the music
Stepping on each note
PlocPlocPlocPloc. Les gouttes tombent maintenant avec intensité, ma voiture est loin du train, je n'ai évidemment pas de parapluie. Il pleut tellement que les gens se mettent à courir, se couvrent la tête avec un livre, un sac, un journal. Je marche lentement, le nez au ciel, les cheveux au visage. Je suis complètement trempée. Je suis complètement heureuse.
I'm running and I'm breathless but I have to go on
Each step is on the beat and I'm singing this song
Tant d'intensité, tant de beauté dans ce simple moment. J'ai soudainement eu la certitude qu'il y aurait toujours quelqu'un avec qui je pourrai partager ces moments. Que nous ne sommes jamais, que nous ne serons jamais vraiment seuls. Que peu importe la tempête, je retrouverai toujours mon chemin. Que je reconnaitrai, je vivrai toujours ces poches d'intensité.
I'm running from the fear of not knowing where to go
from the questions I don't ask and the answers I don't know
I know I can make it when I'm holding your hand
And I'm running
I'm running to you
Je sors du train, perdue dans mes pensées, Misstress Barbara sur mon iPod, un soleil éclatant dans le ciel. Ploc. Ploc. Ploc. Comme ça, subitement, il se met à pleuvoir. Un peu, tout doucement, malgré le ciel encore bleu. Je ne peux résister à la tentation, je passe à la neuvième chanson.
I'm running in the rain on a dark and cloudy day
Wondering if you'll hear what I have to say
J'adore cette chanson, tellement simple mais si entraînante. Elle me donne envie de courir de bonheur, me rappelle mes courses au bord de l'eau, mes pauses au quai de l'horloge, les ciels bleus ciels verts, mes sauts au dessus du ruisseau.
I'm running through the music
Stepping on each note
PlocPlocPlocPloc. Les gouttes tombent maintenant avec intensité, ma voiture est loin du train, je n'ai évidemment pas de parapluie. Il pleut tellement que les gens se mettent à courir, se couvrent la tête avec un livre, un sac, un journal. Je marche lentement, le nez au ciel, les cheveux au visage. Je suis complètement trempée. Je suis complètement heureuse.
I'm running and I'm breathless but I have to go on
Each step is on the beat and I'm singing this song
Tant d'intensité, tant de beauté dans ce simple moment. J'ai soudainement eu la certitude qu'il y aurait toujours quelqu'un avec qui je pourrai partager ces moments. Que nous ne sommes jamais, que nous ne serons jamais vraiment seuls. Que peu importe la tempête, je retrouverai toujours mon chemin. Que je reconnaitrai, je vivrai toujours ces poches d'intensité.
I'm running from the fear of not knowing where to go
from the questions I don't ask and the answers I don't know
I know I can make it when I'm holding your hand
And I'm running
I'm running to you
Weathering the storm
Weathering the storm
Holding on
Offering shelter
Standing strong
suffering the storm
fading into a thousand fragments
nowhere to rest
nowhere to lay my head down
-Léa Woolf
Holding on
Offering shelter
Standing strong
suffering the storm
fading into a thousand fragments
nowhere to rest
nowhere to lay my head down
-Léa Woolf
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