Mais, surtout, je suis seule.
J'ai toujours une certaine gêne à faire cet aveu. Parce que j'ai peur d'être jugée. Qu'on croit que je n'aime pas mes enfants. Que je n'aime pas être mère. Que je cherche une fuite. Que je n'aime pas ma vie.
Je n'avais pas réalisé à quel point être maman serait demandant, émotionnellement et physiquement. Je donne beaucoup de moi, mon temps, mes énergies à mes enfants. J'aime être là pour eux, être à l'écoute de leurs émotions. Mais à force de donner, je deviens parfois un peu vide. Je n'ai plus de patience, plus d'énergie, je suis là physiquement, mais pas disponible émotionnellement. Je me perds dans mon rôle de mère, je perds contact avec qui je suis.
Avec le temps, j'ai réalisé que, moi aussi, j'ai besoin qu'on prenne soin de moi. Et ce dont j'ai besoin est simple, toujours la même chose: un peu de solitude, de temps à moi. Au début, c'est mon mec qui reconnaissait les symptômes et me disait: "Pars, va bouquiner, prends quelques heures juste pour toi." J'avais parfois presque envie de partir en courant. Je me sauvais chez Chapters, où j'errais pendant quelques heures, histoire de me retrouver un peu.
Et toujours, après une heure ou deux, j'avais une envie très forte de revenir. Et c'est pour cette raison que je devrais accepter ce besoin chez moi, que je ne devrais plus être gênée de l'avouer: parce que je rêve de me sauver toujours dans le but de mieux revenir.
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Je viens de terminer un livre merveilleux qui décrit avec une troublante justesse ce désir d'évasion, cette recherche du moi perdu dans la maternité:
« Rien ne doit gâcher la journée qui s’ouvre, telle une fleur fragile et rare. Le temps s’écoule seconde après seconde et il devient précieux. 9 heures 05. »Ce matin-là, Emmanuelle a décidé de tout envoyer promener : enfants, mari, travail… et de prendre sa journée. Pour elle, pour vivre quelques heures de liberté absolue. Et pour lire le roman qu’elle vient de commencer et que nous découvrons avec elle : la confession d’une photographe, une passion fulgurante, des images de guerre.
Elle marche dans Paris, obsédée par cette femme qu’elle ne connaît pas mais qui touche en elle ce qu’elle a de plus intime, des peines assourdies et des amours non vécues. Son errance se double alors d’un voyage intérieur à travers les fragments d’un passé soudainement libéré.--Les âmes sœurs, Valérie Zenatti
Je garderai sur ma table de chevet ce livre que j'ai adoré, pour le ressortir pendant mes moments de culpabilité. Une lecture essentielle pour les mamans qui, comme moi, rêvent parfois de s'évader vers elle-même.









