J'avais tout raté.
Mais j'avais donné ma démission, et je n'avais pas envie de revenir en arrière. J'allais foncer. Dans le pire des cas, je chercherais autre chose.
Aujourd'hui, je marchais vers le métro Lionel-Groulx après ma journée de travail et je dansais presque. Mon pas était léger, mon visage surement souriant, mes yeux probablement brillants. Dans la journée, j'avais participé à un meeting de refactoring, livré deux documents, généré (avec succès!) mon premier build, modifié le wiki des développeurs, discuté avec mon patron de mes activités des prochains mois. J'aurai toute la latitude dont je rêvais. La girl geek que je suis pourra enfin s'en donner à coeur joie et devenir une extreme tech writer.
Aujourd'hui, je me suis amusée comme ça ne m'était pas arrivé depuis longtemps.
En marchant vers le métro, j'ai su avec certitude que j'avais pris la bonne décision. Que j'avais raison d'être insatisfaite de mon ancien boulot. J'essayais depuis des années de me convaincre que ça serait la même chose ailleurs, que le boulot n'est pas si important dans notre vie et qu'on doit trouver notre satisfaction ailleurs, que j'avais besoin de cette stabilité pour ma vie familiale.
Mais c'était faux. C'était la foutue résistance qui me retenait. Qui m'empêchait de prendre des risques. De sortir de ma zone de comfort. De me laisser aller à mes envies. De m'embarquer dans une nouvelle aventure.
Je voudrais me rappeler ce moment. Me rappeler à quel point sortir de sa zone de comfort peut être enrichissant. Jouissif. Salutaire.
« Oser, c’est perdre pied momentanément. Ne pas oser, c’est se perdre soi-même.» --Søren Kierkegaard