vendredi 20 janvier 2012

Douce amertume

Chaque fois qu'une pédagogique tombe le vendredi, c'est un peu la fête ici. Nous flânons tous les trois en pyjama une partie de la matinée avant de partir en mini-expédition pour le reste de la journée: dîner au resto, cinéma, centre des sciences, grande bibliothèque, visite chez Renaud Bray... les idées ne manquent jamais.

Cette année, comme Mathilde est au secondaire, nos pédagogiques sont un peu différentes, puisque leurs congés ne sont pas les mêmes et je n'ai qu'un enfant à la fois avec moi. Les activités sont plus près des plaisirs de chaque enfant: shopping pour Mathilde, dinosaures pour Étienne. Aujourd'hui, pour la première fois depuis que Math est au secondaire, les deux enfants étaient en pédagogique en même temps. Je planifiais quelques sorties dans ma tête, mais je n'ai pas eu la chance d'en discuter avec eux.

Mardi, Mathilde me dit: "Hey, maman, c'est super cool! Ce vendredi mes amies et moi on va se rencontrer tôt le matin et on va aller magasiner au centre d'achats en autobus! Après on va aller jouer au ouija chez Sophie. Je peux y aller maman? Dis oui!"

C'en était fait de notre journée à trois. Je suis donc allée la reconduire chez son amie ce matin, et Éti et moi sommes revenus à la maison. Nous avons flâné devant nos ordis--moi à écrire, lui à jouer--et maintenant nous allons diner au resto et faire notre visite régulière à la grande bibliothèque.

Ma petite fille devient grande. Dans quelques années, ce sera peut-être au tour d'Étienne d'avoir ses propres plans les journées de pédago. C'est inévitable. Mais aujourd'hui j'ai mon petit garçon à moi toute seule...et je compte bien en profiter.

dimanche 15 janvier 2012

Erreur d'identité


J'adore mon fils. Il est allumé, drôle, intéressé, passionné. Mais c'est aussi un petit garçon pas toujours évident. Il bouge beaucoup, parle tout le temps, écoute quand ça lui tente et fait ce qu'il veut. Je comprends donc qu'il n'est pas toujours facile à gérer à l'école ou dans ses cours. C'était particulièrement le cas au ski l'an dernier, alors qu'il lui arrivait souvent de ne pas suivre les directives de l'instructeur parce qu'il avait envie de parler à sa soeur, parce que l'exercice suggéré l'ennuyait ou simplement parce qu'il avait vu une bosse qui lui semblait cool.

Hier après-midi, nous bravons le froid pour aller aux cours de ski des enfants, les premiers de la saison. Avant de le laisser à Amélie, son instructrice, je répète mes propres instructions (complètement inutiles, je sais) à Éti:

- Tu écoutes ce qu'Amélie dit, ok?

Il acquiesce vaguement puis va rejoindre son groupe. Deux heures plus tard je vais le chercher. Pendant qu'il enlève ses skis, je vais voir l'instructrice:

- Bonjour, ça s'est bien passé avec Étienne?
- Oui, très bien. Nous avons travaillé la position parallèle et il a bien fait ça.
- Il n'a pas été trop tannant?
- Non, non, il a été super.
- Ah oui? Il écoutait bien?
- Oui, super bien. Il était très calme, très tranquille.
- ... (Je suis confuse.) Étienne? Le petit au casque gris?
- Oui, oui! Vraiment super votre fils.

Ben coudonc.

Je reviens à la voiture, toute contente. Steph est avec Éti, je leur raconte ma discussion:

- Éti! Amélie a dit que tu avais été super! Tu étais bien calme et tranquille. Je suis vraiment contente!
- Maman, je me sentais vraiment pas bien aujourd'hui (il traine une grippe depuis une semaine), alors j'ai rien dit du cours.

Ah. Me semblait aussi.

Amélie risque de trouver le cours un peu plus intense la semaine prochaine.

mercredi 11 janvier 2012

Une rédactrice extrême

Il est 12h35, je suis au café St-Henri et je bois un délirant café moka au lait de soya. Je souris tellement que les gens autour de moi doivent penser que je suis un peu débile. Mais je suis si contente, si fière, si excitée. Ce matin, j'ai mis en ligne officiellement mon site web technique, eXtreme Technical Writing.


Ça fait des mois que j'en parle, peut-être même plus. Des semaines que j'y travaille. Et là, c'est fait. J'ai encore plein de trucs à corriger, et je m'étais promis de ne pas le mettre en ligne tant que je n'aurais pas rempli un nombre infini de conditions, mais j'ai finalement décidé de me lancer avant d'être totalement prête. Alors j'ai commencé avec un tout petit article de rien du tout. Mieux vaut commencer petit et corriger le tir plutôt que de ne jamais commencer, non?

***

À coté de moi, Julien Smith, auteur du blog In Over Your Head (que je lis religieusement), est en train de travailler à un nouvel article. J'aime son style complètement irrévérencieux, authentique, motivant. J'ai envie de lui dire à quel point j'ai aimé son eBook The Flinch, à quel point il a été une influence positive dans ce projet, mais je n'ose pas. Une autre fois peut-être.

Ce midi, je prends une pause bien méritée. Je bois mon café tranquille, assise près de la fenêtre, à rêver à mes multiples idées et projets.






samedi 7 janvier 2012

Une question d'intentions

Dernièrement, une amie m'a suggéré un concours littéraire en ligne avec un projet que j'ai depuis longtemps. J'ai essayé, arrêté, recommencé, hésité puis laissé tomber, parce que je travaillais plus sérieusement sur mon projet technique et que je n'avais pas assez de temps. Du moins, c'est ce que je croyais.

Mais en lisant cette semaine certains textes soumis au concours, j'ai compris.

Ça n'est pas par manque de temps que je n'ai pas participé. Mais parce que j'ai eu peur. Peur de ne pas écrire un texte à la hauteur. Ma réaction en lisant certaines des soumissions a été claire: j'aurais pu participer. Je n'ai pas la prétention de penser que j'aurais gagné. Mais je pense, non, je sais que j'aurais pu écrire quelque chose de qualité similaire à certains des extraits.

Mais, encore une fois, j'ai choisi la fuite.

***

C'est souvent la même chose. Que ce soit mon projet technique, mes projets littéraires, ma carrière, même la course. J'ai envie de ces projets pour des raisons spécifiques: Parce que je veux développer un porte-folio pour des employeurs potentiels. Parce que j'aime écrire. Parce que je veux un emploi qui m'excite.

Je les commence avec cet enthousiasme qui m'est typique. Je m'emballe, je m'amuse, je suis heureuse. J'ai un plaisir fou à écrire, créer, coder, courir. Puis le doute se pointe. Je me demande ce que penseront les autres rédacteurs de mon domaine lorsqu'ils verront mon site ou comment sera reçue ma création littéraire. J'évalue mes essais avec un regard qui est toujours critique, négatif, arrogant. Alors j'abandonne souvent. J'évite. Je fuis.

Mais je crois que j'ai finalement compris.

Tout est une question d'intentions.

Lorsque je repense aux raisons pour lesquelles je fais quelque chose, tous mes doutes tombent. Je fais mon projet technique pour trois raisons principales: avoir un porte-folio, rester au fait des derniers développements de mon milieu professionnel, perfectionner mes connaissances de développement web. Je ne le fais pas pour avoir l'approbation des autres. Je le fais pour ces trois raisons. Et quand je pense à ces raisons, tout est clair. Pourquoi m'empêcher de rêver, créer, m'amuser si je le fais pour des intentions qui n'ont rien à voir avec les autres?

C'est la même chose avec mes projets littéraires. Je les fais parce que j'aime écrire, c'est un besoin vital, et ces concours me donnent un objectif à atteindre, comme un 10k pour la course. Bien sur, j'aimerais bien gagner un concours ou établir un nouveau record personnel à la course. Mais ces objectifs sont secondaires à mes intentions.

Et c'est fou comme j'oublie rapidement quelles sont ces intentions. Je tombe dans le doute, je perds de vue ce que je veux vraiment par crainte de décevoir des gens que je ne connais même pas, qui n'ont aucune importance pour moi. Et je laisse tomber des projets, des rêves qui m'excitent parce que j'ai oublié pourquoi je les fais.

C'est complètement débile.

Alors j'ai créé un document listant mes intentions derrière chacun de mes projets, mais aussi ma vie en général. Qu'est-ce que je veux vraiment? Quelle est ma motivation? Et je me promets, lors de ma prochaine crise de doute, de les relire. J'espère ainsi arriver à ne pas les perdre de vue.

À ne pas me perdre de vue.

***

Cette semaine, j'ai vu un autre concours littéraire qui m'intéressait. Hier, j'ai eu une idée de texte et ce matin j'ai écrit un premier jet. 1232 mots. Il reste encore beaucoup de travail à faire, mais j'étais si contente, si fière, si calme. Je me sentais comme Tengo dans 1Q84, alors qu'il termine le premier jet d'un chapitre du Air Chrysalis:
"Tengo sat up straight in his chair, stretched his back, and, turning his face to the ceiling, let out a long breath. His job was by no means done. When he reread the text in a few days, he would find more things that needed fixing. But this was fine for now. His powers of concentration had just about reached their limit. He needed a cooling-off period." Haruki Murakami, 1Q84
J'y arriverai. Tout est une question d'intentions.

mercredi 4 janvier 2012

Changer de rythme

Depuis que les enfants sont petits, mon amoureux est responsable de la routine du matin et et moi de celle du soir. Je pars vers 6h45, ce qui me permet d'être à la maison vers 16h30, limitant ainsi le temps que les enfants passent au service de garde.

C'est une routine qui respecte nos rythmes naturels. Je suis une fille de matin. J'aime me lever tôt et je suis productive rapidement. C'est l'inverse pour mon amoureux, qui ne se lève jamais assez tard et prend plus de temps à être complètement présent. De plus, comme j'aime beaucoup cuisiner, préparer le souper est rarement une tâche.

Et pourtant, autant j'aime cette routine, autant j'aime la changer. C'est fou le bonheur que peut avoir un simple changement de rythme.

Lorsque je sors avec des copines après le boulot, ou lorsque mon mec est en congé alors que je travaille (comme c'était le cas lundi et mardi), les reponsabilités sont inversées. Et, toujours, j'ai l'impression d'être en vacances.

Peut-être parce que je n'ai pas à quitter le bureau à la course pour aller chercher Éti, parce que je n'ai pas à planifier le souper ou faire les devoirs, j'ai l'impression que j'ai la vie devant moi. Je marche plus lentement, je prends le temps d'aller m'acheter un espresso, je suis plus présente aux moments de la journée, je suis plus souriante.

Simplement parce que, pour une journée, j'ai changé ma routine.

J'ai été particulièrement gâtée lundi dernier. En milieu d'après-midi, mon amoureux (qui ne cuisine pas vraiment) m'appelle:

- Dis-donc, je regarde un de tes livres de recettes pour le souper de ce soir. Tu préférerais un sauté de crevettes thailandaises ou des nouilles croustillantes au gingembre?

Ouf. Que demander de plus?

Je suis revenue à la maison, les enfants avaient fait le ménage, il y avait un feu dans la cheminée, Steph et Mathilde préparaient le souper, un verre de vin m'attendait.

Je devrais peut-être changer de routine plus souvent.

dimanche 1 janvier 2012

"Je cueillerais plus de marguerites"

Cette année, pas de mot-clé pour moi... plutôt un texte, écrit par une dame de 85 ans, Nadine Stair, et que j'ai trouvé dans un de ces livres de psychologie qu'on lit presque en cachette mais qui nous font tant de bien. Je l'ai lu et relu en 2011, et je le relirai encore en 2012.

« I'd dare to make more mistakes next time. I'd relax, I would limber up. I would be sillier than I have been this trip. I would take fewer things seriously. I would take more chances.

I would climb more mountains and swim more rivers. I would eat more ice cream and less beans. I would perhaps have more actual troubles, but I'd have fewer imaginary ones.

You see, I'm one of those people who live sensibly and sanely hour after hour, day after day. Oh, I've had my moments, and if I had it to do over again, I'd have more of them. In fact, I'd try to have nothing else. Just moments, one after another, instead of living so many years ahead of each day. I've been one of those people who never goes anywhere without a thermometer, a hot water bottle, a raincoat and a parachute. If I had to do it again, I would travel lighter than I have.

If I had my life to live over, I would start barefoot earlier in the spring and stay that way later in the fall.
I would go to more dances.
I would ride more merry-go-rounds.
I would pick more daisies.»

Je vous souhaite une année 2012 qui n'est pas raisonnable, où vous aimerez passionnément, cueillerez des marguerites, écouterez vos rêves, prendrez des risques et sortirez de votre quotidien.