mercredi 28 mars 2012

«...a girl who can give you the most colorful life imaginable»

Je suis tombée aujourd'hui sur cet article de Marie-Julie Gagnon publié sur le mur Facebook d'une amie il y a quelques mois, mais que j'avais manqué.

J'ai adoré.

Adoré autant le texte original ("You Should Date an Illiterate Girl"), brillamment écrit, très triste, évidemment inspiré par une fille qui, justement, lisait beaucoup, que la réponse à ce texte ("Date a Girl Who Reads").

Parce que je m'y reconnais un peu? Peut-être, je ne sais pas. Parce que j'aime la philosophie, la faim de vivre, la passion de ces femmes lectrices qui refusent de s’accommoder d'une vie raisonnable? Sûrement. Mais il y avait longtemps qu'un texte ne m'avait pas autant touchée.

Je les inscris ici pour pouvoir les lire et relire.

J'espère que vous aimerez.

dimanche 25 mars 2012

Une fenêtre ouverte


J'ai la chance incroyable d'avoir un bureau avec une fenêtre... qui s'ouvre.

C'est une première à vie. J'ai travaillé dans toutes sortes de bureaux. Dans des tours à bureaux classiques avec cubicules beiges. Dans des bureaux design de la cité du multimédia avec planchers de bois franc et cuisine high tech. J'ai même eu la chance (!) de travailler dans le sous-sol de la gare Windsor, endroit sombre surnommé le donjon.

Mais je n'ai jamais eu de fenêtre qui s'ouvre.

Et c'est fou l'impact de cette fenêtre sur mon bonheur.

Les bureaux de mon employeur actuel se situent dans un vieil entrepôt transformé en édifice à bureaux sous la certification LEED. Les plafonds sont hauts, les fenêtres très grandes. Mais, surtout, elles s'ouvrent. J'occupe ce bureau depuis décembre dernier, mais l'hiver me coupait l'envie d'ouvrir la fenêtre. La semaine dernière, incommodée par le système d'aération peu adapté à la chaleur exceptionnelle, je m'en suis donnée à coeur joie.

Dès mon arrivée, j'ouvre la fenêtre. Je prends ma première gorgée d'espresso (ou d'ashikubo, selon l'inspiration du moment) avec intention, tranquillement. Par la fenêtre, j'entends les bruits du quartier. Les oiseaux qui chantent, les cris des écoliers, les voitures qui circulent, les outardes qui rentrent au bercail. Un vent léger s'introduit parfois, portant les odeurs du printemps, la fraîcheur du matin, puis plus tard la chaleur des débuts d'après-midi.

Plusieurs fois dans la journée, je m'arrête. Je respire l'air frais. Je souris. Je suis tellement bien.

Le milieu de la haute technologie est à la fois excitant, valorisant et dangereux. Le boulot y est intéressant, stimulant, souvent même passionnant, mais avec son rythme intense, ses demandes parfois exagérées, les mises à pied communes, il est facile de s'y perdre. De se brûler. D'oublier ses priorités.

Avec ma fenêtre ouverte, j'ai l'impression de faire le pont entre ma vie professionnelle et ma vie extérieure, d'apprécier et me donner pleinement à mon travail sans pour autant m'y abîmer.

Je ne sais combien de temps encore je pourrai en bénéficier--je suis à contrat, j'hérite donc habituellement des bureaux non désirés--mais je me promets d'en profiter pleinement pendant que j'ai cette chance exceptionnelle.

Et je me promets de toujours avoir dans ma vie une fenêtre ouverte, qu'elle soit physique ou métaphorique...