Étienne est en amour avec son nouveau skateboard. Il a passé une partie de la journée dans l'entrée à rouler, arrêter, faire tourner son skate, rouler, arrêter, essayer de le rattraper dans ses mains. S'il avait pu, il aurait probablement dormi avec.
Discussion cet après-midi, pendant une de ses pauses:
- Maman?
- Oui chaton?
- Je pense qu'il faudrait qu'on me trouve un nouveau surnom.
- Un surnom?
- Oui, quand j'étais petit, vous m'appeliez Douda, mais là personne m'appelle Douda. Toi tu m'appelles mon lapin ou mon chaton.
- Oui?
- Ben... je suis pas un bébé, je suis un grand garçon maintenant. Lapin ou chaton, c'est pour les bébés, tu trouves pas?
- Oui, c'est vrai, peut-être. Tu as des idées?
- Heu... ben...
- Oui?
Il fait le petit mec qui hésite et qui, comme par hasard, vient d'avoir une super idée:
- Je sais! Tu pourrais m'appeler Skater Boy! Ou Skate Boy?
- Hummm....
- C'est cool, non?
- Ok, mon ch... euh, Skater Boy, je peux bien t'appeler comme ça.
Il revient me voir de temps en temps pour tester ma mémoire:
- Maman?
- Oui Skater Boy?
Il sourit.
- Rien, rien.
Ce soir, alors que je prends mon bain, il m'appelle de son lit:
- Maman?
- Oui mon lap... euh, oui Skater Boy?
Il hésite.
- Tu sais... je pense que j'aime quand même ça quand tu m'appelles mon lapin et mon chaton. On dirait que c'est plus... comme des calins. Peut-être que quand je fais du skate, tu peux m'appeler Skater Boy, mais sinon, tu peux m'appeler mon lapin et mon chaton?
- Mais oui mon lapin.
Il est content... et moi aussi.
- Bonne nuit maman!
- Bonne nuit mon chaton.
dimanche 27 mai 2012
mercredi 23 mai 2012
Oasis musicale
À la station de métro où se termine mon trajet matinal, il y a un petit Café Dépôt. Bien qu'il soit situé juste en face de la rame de métro, plusieurs semaines se sont écoulées avant que je ne le remarque. Encore un peu fébrile à l'idée de commencer un nouveau boulot, je portais moins attention à mon environnement, plus préoccupée à me rendre rapidement au bureau.
Depuis, il m'arrive de m'y arrêter parfois, lorsque le besoin d'un allongé double est plus fort que tout. Certains matins sont faits pour un thé vert préparé au bureau, préférablement un ashikubo. Ce sont les matins plus doux, plus fragiles, plus lumineux aussi, ceux que j'ai envie de vivre doucement, tranquillement, bien à l'abri dans ma bulle. Mais certains matins ont besoin de passion, de fougue, d'intensité, que ce soit parce que je suis fatiguée, parce que je suis infiniment triste, parce que je suis incroyablement enthousiaste. En ces matins extrêmes, je rêve de mon espresso avant même que les portes du métro ne s'ouvrent.
À part offrir un délirant allongé, le Café Dépôt n'a rien de bien particulier. Il est petit, plutôt commun, la décoration y est banale, les employés rarement souriants.
Mais la musique y est incroyable.
À chaque fois, c'est une surprise. Je quitte l'inconfort d'une rame de métro quasi-pleine, bruyante, souvent trop chaude et, pour réussir à entrer au café, je dois me faufiler avec difficulté entre les gens qui courent attraper le métro d'en face. Mais lorsque je passe la porte du café, j'ai l'impression de passer dans un autre monde.
Par la musique.
Ce matin, comme souvent, on y jouait du reggae. Je ne suis pourtant pas une maniaque de ce style musical, mais son effet relaxant et déstabilisant, son rythme sensuel et émotif me surprennent toujours. J'ai parfois l'impression que je viens de pénétrer dans une oasis tropicale plutôt que dans un banal café. La musique est juste assez forte pour capter toute mon attention sans pour autant être agressante. Le temps s'arrête un peu, j'ai réussi à fuir le rythme effréné des passagers du métro, je respire un peu. Je prends ma première gorgée, toujours délicieuse. Si je ferme les yeux, j'ai l'impression que j'entends la mer, que j'ai la vie devant moi et tout le temps du monde. J'hésite quelques secondes, puis je quitte mon oasis pour me diriger vers les escaliers roulants, mon café à la main. Les métros sont passés, la foule s'est dispersée.
Ma journée peut commencer.
Depuis, il m'arrive de m'y arrêter parfois, lorsque le besoin d'un allongé double est plus fort que tout. Certains matins sont faits pour un thé vert préparé au bureau, préférablement un ashikubo. Ce sont les matins plus doux, plus fragiles, plus lumineux aussi, ceux que j'ai envie de vivre doucement, tranquillement, bien à l'abri dans ma bulle. Mais certains matins ont besoin de passion, de fougue, d'intensité, que ce soit parce que je suis fatiguée, parce que je suis infiniment triste, parce que je suis incroyablement enthousiaste. En ces matins extrêmes, je rêve de mon espresso avant même que les portes du métro ne s'ouvrent.
À part offrir un délirant allongé, le Café Dépôt n'a rien de bien particulier. Il est petit, plutôt commun, la décoration y est banale, les employés rarement souriants.
Mais la musique y est incroyable.
À chaque fois, c'est une surprise. Je quitte l'inconfort d'une rame de métro quasi-pleine, bruyante, souvent trop chaude et, pour réussir à entrer au café, je dois me faufiler avec difficulté entre les gens qui courent attraper le métro d'en face. Mais lorsque je passe la porte du café, j'ai l'impression de passer dans un autre monde.
Par la musique.
Ce matin, comme souvent, on y jouait du reggae. Je ne suis pourtant pas une maniaque de ce style musical, mais son effet relaxant et déstabilisant, son rythme sensuel et émotif me surprennent toujours. J'ai parfois l'impression que je viens de pénétrer dans une oasis tropicale plutôt que dans un banal café. La musique est juste assez forte pour capter toute mon attention sans pour autant être agressante. Le temps s'arrête un peu, j'ai réussi à fuir le rythme effréné des passagers du métro, je respire un peu. Je prends ma première gorgée, toujours délicieuse. Si je ferme les yeux, j'ai l'impression que j'entends la mer, que j'ai la vie devant moi et tout le temps du monde. J'hésite quelques secondes, puis je quitte mon oasis pour me diriger vers les escaliers roulants, mon café à la main. Les métros sont passés, la foule s'est dispersée.
Ma journée peut commencer.
vendredi 18 mai 2012
Le bonheur des vendredis Nathalie
Depuis maintenant plusieurs années, je ne travaille plus les vendredis. Je me souviens encore du bonheur ressenti au tout début, alors que le jeudi arrivait. Je ne travaillais pas le lendemain! J'avais une journée complète juste à moi! Et que dire de ces vendredis matins, les enfants étaient à l'école, j'avais la maison à moi toute seule et tout le temps du monde pour prendre mon café tranquille en pyjama. Je me demandais souvent si j'allais m'y habituer un jour, si ce bonheur si intense allait s'estomper et que j'allais prendre mes vendredis pour acquis.
Ce matin, en marchant tranquillement avec Étienne vers l'école, je réalisais que le bonheur des vendredis Nathalie est toujours aussi présent. Était-ce la beauté de ce matin frais mais si ensoleillé? Ou Étienne qui me racontait ses histoires avec enthousiasme et que j'avais le temps de l'écouter? Est-ce parce que je sais que je pourrais les perdre un jour? Parce que je travaille très fort du lundi au jeudi? Parce que je vois mon amoureux qui doit aller travailler? Qui sait. Mais j'apprécie chaque vendredi ma chance incroyable.
Je change d'emploi dans trois semaines. L'emploi de mes rêves. Je touche du bois chaque fois que j'y pense, et je me demande encore comment je peux être aussi chanceuse. Il y a quelques années, lorsque j'ai réalisé un jour que je n'étais pas aussi heureuse au travail que je pourrais l'être, j'ai commencé à rêver à mon emploi idéal. Dans un petit fichier notepad, je notais ce que je voulais et ne voulais pas. Petit à petit, cet emploi idéal a pris forme. Et petit à petit, en prenant des risques, en suivant une formation, en quittant un emploi stable, en commençant un blog technique, je m'en approchais tranquillement. Je cherchais, je ne le trouvais pas encore, mais je persistais.
Finalement, c'est l'emploi idéal qui m'a trouvée. Et en plus de répondre à tous mes critères... je garde mes vendredis Nathalie.
Je suis vraiment choyée par la vie.
Ce matin, en marchant tranquillement avec Étienne vers l'école, je réalisais que le bonheur des vendredis Nathalie est toujours aussi présent. Était-ce la beauté de ce matin frais mais si ensoleillé? Ou Étienne qui me racontait ses histoires avec enthousiasme et que j'avais le temps de l'écouter? Est-ce parce que je sais que je pourrais les perdre un jour? Parce que je travaille très fort du lundi au jeudi? Parce que je vois mon amoureux qui doit aller travailler? Qui sait. Mais j'apprécie chaque vendredi ma chance incroyable.
***
Je change d'emploi dans trois semaines. L'emploi de mes rêves. Je touche du bois chaque fois que j'y pense, et je me demande encore comment je peux être aussi chanceuse. Il y a quelques années, lorsque j'ai réalisé un jour que je n'étais pas aussi heureuse au travail que je pourrais l'être, j'ai commencé à rêver à mon emploi idéal. Dans un petit fichier notepad, je notais ce que je voulais et ne voulais pas. Petit à petit, cet emploi idéal a pris forme. Et petit à petit, en prenant des risques, en suivant une formation, en quittant un emploi stable, en commençant un blog technique, je m'en approchais tranquillement. Je cherchais, je ne le trouvais pas encore, mais je persistais.
Finalement, c'est l'emploi idéal qui m'a trouvée. Et en plus de répondre à tous mes critères... je garde mes vendredis Nathalie.
Je suis vraiment choyée par la vie.
mardi 15 mai 2012
Abandon
Ce sera probablement le troisième en moins de deux mois.
À chaque fois, je le commence avec enthousiasme. À chaque fois, il était attendu, parfois depuis plusieurs semaines, presque des mois. Les premières pages m'emballent, je me vois déjà en train de lui donner au moins quatre étoiles sur Goodreads. Puis les chapitres se suivent et l'ennui s'installe. Au lieu d'attendre impatiemment la fin de ma journée pour pouvoir lire dans le train, au lieu de faire une pause café-moka-lait-de-soya au Café St-Henri à midi pour le continuer, je le laisse de coté pour lire des blogs sur mon iPhone.
J'essaie, je m'obstine, mais après quelques jours je m'avoue vaincue. Et je le rajoute dans ma liste des livres abandonnés, toujours avec une certaine culpabilité.
Il y eut d'abord Le coeur est un chasseur solitaire de Carson McCullers, livre choisi pour notre dernier club de lecture. Bien que j'aimais l'histoire, les personnages, l'intrigue, je n'avais jamais vraiment envie de reprendre ma lecture. Je le traînais avec moi, mais ne le lisais jamais. Alors je l'ai abandonné.
Puis il y eut Amerika de Sergio Kokis, qui avait été si chaudement recommandé par le Voir. Mais je n'ai jamais réussi à partager l'enthousiasme de Tristan Malavoy-Racine, critique du Voir, et lorsque j'ai du le retourner à la bibliothèque avant de l'avoir terminé, j'étais presque soulagée.
Je lis maintenant Sur la 132 de Gabriel Anctil. J'ai adoré les premiers chapitres, alors que Théo décide de laisser derrière lui sa vie trop intense et sans aucun sens et de partir en région. J'adore les romans de road trip, surtout ceux où les protagonistes partent en quête d'eux-même. Mais celui-ci commence à m'ennuyer. Les portraits sont caricaturés, peu nuancés, et les descriptions de matchs de hockey ou d'une émission de la Poule aux oeufs d'or qui durent une dizaine de pages m'agacent. J'aimerais bien savoir ce qui arrivera à Théo, mais je n'en suis qu'à la page 322 et ne crois pas avoir le courage de me rendre à 512.
D'ailleurs, après ce texte de blog, je lirai plutôt le dernier numéro du magazine Fine Cooking bien installée dans mon lit. Ce soir, le reportage spécial sur le cari thaïlandais m'excite bien plus que les découvertes de Théo.
À chaque fois, je le commence avec enthousiasme. À chaque fois, il était attendu, parfois depuis plusieurs semaines, presque des mois. Les premières pages m'emballent, je me vois déjà en train de lui donner au moins quatre étoiles sur Goodreads. Puis les chapitres se suivent et l'ennui s'installe. Au lieu d'attendre impatiemment la fin de ma journée pour pouvoir lire dans le train, au lieu de faire une pause café-moka-lait-de-soya au Café St-Henri à midi pour le continuer, je le laisse de coté pour lire des blogs sur mon iPhone.
J'essaie, je m'obstine, mais après quelques jours je m'avoue vaincue. Et je le rajoute dans ma liste des livres abandonnés, toujours avec une certaine culpabilité.
Il y eut d'abord Le coeur est un chasseur solitaire de Carson McCullers, livre choisi pour notre dernier club de lecture. Bien que j'aimais l'histoire, les personnages, l'intrigue, je n'avais jamais vraiment envie de reprendre ma lecture. Je le traînais avec moi, mais ne le lisais jamais. Alors je l'ai abandonné.
Puis il y eut Amerika de Sergio Kokis, qui avait été si chaudement recommandé par le Voir. Mais je n'ai jamais réussi à partager l'enthousiasme de Tristan Malavoy-Racine, critique du Voir, et lorsque j'ai du le retourner à la bibliothèque avant de l'avoir terminé, j'étais presque soulagée.
Je lis maintenant Sur la 132 de Gabriel Anctil. J'ai adoré les premiers chapitres, alors que Théo décide de laisser derrière lui sa vie trop intense et sans aucun sens et de partir en région. J'adore les romans de road trip, surtout ceux où les protagonistes partent en quête d'eux-même. Mais celui-ci commence à m'ennuyer. Les portraits sont caricaturés, peu nuancés, et les descriptions de matchs de hockey ou d'une émission de la Poule aux oeufs d'or qui durent une dizaine de pages m'agacent. J'aimerais bien savoir ce qui arrivera à Théo, mais je n'en suis qu'à la page 322 et ne crois pas avoir le courage de me rendre à 512.
D'ailleurs, après ce texte de blog, je lirai plutôt le dernier numéro du magazine Fine Cooking bien installée dans mon lit. Ce soir, le reportage spécial sur le cari thaïlandais m'excite bien plus que les découvertes de Théo.
***
Seul bonheur littéraire des dernières semaines: Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Jonas Jonasson. Le jour de ses 100 ans, Allan décide de se sauver de sa maison de retraite et part en cavale. Ce road trip est complètement invraisemblable, loufoque, léger, avec des influences à la Forrest Gump, si drôle que je riais aux éclats toute seule dans le train. Ce livre est du bonheur pur, un remède aux journées pluvieuses de ce printemps si moche.
S'abonner à :
Messages (Atom)

