mardi 31 juillet 2012

Extrêmement pénible et incroyablement géniale

J'aime beaucoup courir lorsque je voyage. C'est une façon incroyable de découvrir de nouvelles villes. Je suis seule, je vais là où j'en ai envie, j'avance à mon rythme, j'explore. Comme je cours lentement, j'ai le temps d'observer mon environnement, de sortir des sentiers battus, de faire des découvertes. J'ai des souvenirs incroyables de mes courses en Martinique, à Washington, en Gaspésie, à Ste-Lucie, dans les Outer Banks, à Québec.

En voyage à Cape May, je suis allée courir hier matin. J'étais partie avec l'idée de courir environ 30 minutes, puisque la chaleur et l'humidité étaient intenses même à 7h30 du matin. Mon objectif était simple: Me rendre au Cape May Lighthouse par la plage, puis revenir par la route, une course d'environ 5 km.

Je suis partie lentement, sur Another Girl de Jacques Green. Tôt le matin, la plage est vide, immense, féerique. Courir sur le sable est très difficile, mais avoir la mer si près en vaut la peine. À mi-chemin vers le phare, le ciel s'est assombri soudainement et j'ai eu peur de me faire prendre par l'orage. Mais j'ai continué.



J'ai couru près du phare, autour d'un bâtiment en ruine, près de très beaux étangs. Le ciel s'est éclairci tranquillement. Je commençais à fatiguer un peu, mais il me restait assez d'énergie pour le retour. Rendue à Sunset Boulevard, j'ai pris à gauche. J'estimais qu'il me restait environ 2 km avant d'arriver à la maison. Sur mon iPhone, les premières notes de Sandstorm de Darude ont joué. C'est la chanson des derniers instants, celle qui me donne toujours envie de voler, souvent la dernière chanson dans ma playlist. Je croyais voir au loin les feux de circulation de ma rue, alors j'ai couru, volé pendant la chanson, pendant les derniers moments de cette course.

Je suis arrivée essoufflée aux feux de circulation, mais je ne reconnaissais pas du tout l'endroit. J'ai sorti mon iPhone, trouvé ma localisation. Je m'étais trompée de chemin. J'étais partie dans la mauvaise direction. J'étais à presque 4 km de chez moi.

Fuck.

Je suis repartie tranquillement, sous une chaleur de plus en plus intense, un peu découragée, fatiguée, trempée. J'ai couru à travers un bout de parc national, près d'un champ de chevaux, au milieu de nulle part. Je regardais régulièrement la distance qu'il me restait. 3 km. 2.5 km. 2 km. Dix fois j'ai pensé arrêter, mais j'ai continué. Pour le dernier kilomètre, j'ai remis Sandstorm, et j'ai compté mes pas jusqu'à la maison.

Je suis arrivée épuisée, après une course de 9 km qui m'avait pris plus de 60 minutes.

Une course extrêmement pénible. Une course incroyablement géniale.



J'irai courir encore demain.

lundi 30 juillet 2012

Introvertis

Dimanche dernier, les XX présentaient au Métropolis un aperçu de leur nouvel album, Coexist, prévu pour le 11 septembre prochain. J'avais vu les XX en 2010 à la Place des Arts, une salle peu idéale pour la musique à la fois intense et tranquille de ce groupe anglais. Bien que j'avais beaucoup aimé leur prestation, la Place des Arts crée une certaine distance qui rappelle constamment que nous sommes des spectateurs, une formalité qui empêche de se perdre dans la musique.

Ce fut une expérience complètement différente cette fois, peut-être à cause de mon arrivée presque... violente. Nous étions en camping tout le week-end au parc de la Jacques Cartier, et j'ai plutôt mal estimé nos activités. Après une longue randonnée de 10km, nous sommes arrivés à Montréal à 7:55 p.m., alors que le show commençait à... 8 p.m. J'ai couru de la voiture à la maison, enlevé mes vêtements de randonnée, enfilé ma robe et mon foulard (j'étais bien propre après une baignade en rivière, ne vous en faites pas), mis mes boucles d'oreille et mon bracelet, embrassé tout le monde, couru de la maison à la voiture, filé jusqu'au centre-ville, couru de ma voiture au Métropolis.

Ouf.

J'ai commandé une Smirnoff, j'ai fermé les yeux et pris une première gorgée. Le bonheur. Dans le Métropolis bondé (le show était à guichets fermés), j''ai réussi à retrouver mon ami Martin, qui nous avait choisi d'excellentes places, et j'ai enfin pris le temps d'écouter Jacques Green, le DJ montréalais qui faisait la première partie du show. Le rythme house-trance-atmosphérique de ses compositions correspondait parfaitement à mon état d'esprit, à la fois intense et paisible, complètement présente au moment.

Les XX sont entrés en scène à 9h15 avec leur nouvelle chanson, l'excellent Angels, dont les premières notes sont à pleurer. Ce fut un show intime, puissant. J'ai enfin compris que les XX sont des introvertis. Très peu de commentaires entre les chansons, une mise en scène minimaliste, des effets spéciaux cachant presque toujours leurs visages, les musiciens sont pourtant présents, généreux, émotifs, heureux d'être là. Le rythme encore plus lent de Crystalized et Infinity a amplifié l'impact de ces chansons, les rendant encore plus intenses, très sensuelles, quasi érotiques. Le concert s'est terminé sur Nighttime en version techno, dansante, complètement géniale.

Malgré la brièveté du concert (moins d'une heure et quart), je suis repartie comblée, et j'attends impatiemment la sortie de Coexist.

Setlist
Angels
Islands
Heart Skipped A Beat
Friction
Crystalised
Fantasy
Shelter
Infinity
VCR
Reunion
Sunset
Basic Space
Night Time...Swept Away

Rappel
Intro
Tides
Stars

***

Coup de coeur

lundi 23 juillet 2012

Coup de coeur estival

Je viens de terminer un livre que j'ai adoré, The School of Essential Ingredients par Erica Bauermeister (L'école des saveurs en français). J'ai découvert ce livre par hasard à la bibliothèque; la jolie couverture m'a attirée, puis la description arrière m'a convaincue: Le premier lundi de chaque mois, huit étudiants se retrouvent dans la cuisine du restaurant de Lilian pour y apprendre à cuisiner. Depuis qu'elle est toute petite, Lilian sait que les aliments ont un pouvoir un peu magique, qu'ils peuvent éveiller des ardeurs ou guérir des peines, qu'ils sont souvent plus une nourriture pour l'âme que pour le corps. À travers des recettes et menus, ce roman raconte l'histoire de chacun de ces étudiants, qui partageront beaucoup plus que de simples expériences culinaires.

Je reproduis ici une critique qui résume beaucoup mieux que je ne le pourrais le bonheur de ce livre:
« Il y a énormément de pudeur dans ce livre, de l’émotion, de la sensibilité, un savant cocktail qui nous envoûte. On ne lit pas seulement avec ses yeux, ce livre se déguste avec ses sens, certains passages sont tellement bien écrits qu’on croirait sentir la saveur des aliments sur notre langue, on se laisse submerger par notre odorat, notre goût, notre toucher... Ce livre est sensuel, dans sa définition première, c’est un voyage au pays des saveurs et des aliments qui donne une nouvelle approche de la cuisine. Lire ce livre, c’est changer sa perception et découvrir un monde de sensualité et de plaisir caché. » (tirée de ce site)

J'ai lu ce roman lentement, tranquillement, amoureusement, comme on dégusterait un plat qu'on adore et ne veut terminer. L'auteure, professeur de littérature à l'université de Washington, a séjourné deux ans dans le nord de l'Italie et est une adepte du "slow food" et "slow life". Ces intérêts se reflètent dans ce roman axé sur le bonheur de la cuisine, la sensualité des aliments, l'amitié, les relations amoureuses.

C'est un roman tout simple, une lecture légère, parfaite pour les vacances d'été. Après une longue discussion avec un ami sur ce qui fait d'un livre un "roman de filles" (et nous n'en sommes toujours pas arrivés à des critères clairs), j'en conclus que celui-ci tombe dans cette catégorie. Peut-être parce que les relations amoureuses et amicales y sont très présentes? Parce que ce livre tourne autour des émotions plutôt qu'une quelconque intrigue? Mais je ne crois pas que je lui recommanderai celui-ci.

Pour toutes les autres: À lire idéalement sur un balcon ou une terrasse, par une journée d'été légèrement venteuse, un verre de vin tout près...

(Avertissement: Filles au régime—ou pour qui manger n'est qu'une fonction physiologique—s'abstenir!)

***

Autre bonheur estival: cette recette de crevettes au paprika avec salsa à l'orange et avocat que je redécouvre chaque été. C'est complètement délirant et si simple à cuisiner! Nous l'avons accompagnée d'un vin blanc espagnol (Verdejo Naia Rueda), décrit par Chartier dans La presse comme « s'exprimant par des notes très fraîches de pamplemousse rose, de basilic, de gazon fraîchement coupé et de menthe, à la bouche tout aussi vivifiante, mais avec du corps. » J'ai adoré cette description, et même si je n'ai pas réussi à goûter une seule de ces saveurs, même avec beaucoup d'imagination (!), j'ai bien aimé ce vin. 

À recommencer.

dimanche 22 juillet 2012

En attendant (impatiemment)...

...le concert de dimanche.
Close my mouth, words fall out.
Come on, say, what it's about.
You can tell, there's something wrong.
I've been here, you have been gone.
XX - Open Eyes