Mon père est décédé il y a plus de 15 ans. Nous étions très proches. C'est lui qui m'a fait découvrir la musique, avec son amour des Beatles. Il était malade depuis plusieurs années et avait eu une transplantation cardiaque un peu avant sa mort. Son départ n'était donc pas une surprise totale, et comme nous avions failli le perdre auparavant, j'avais déjà fait mes adieux plus d'une fois.
Ce qui n’empêche pas que son départ fut très difficile. Il était un manique des sports télévisés; je n'étais pas particulièrement fan, mais je m'y intéressais parce que c'était une façon de connecter avec lui. Pendant des mois après sa mort, quand j'entendais une nouvelle sportive importante, mon premier réflexe était de l'appeler pour en discuter avec lui. J'avais oublié. J'avais oublié qu'il était parti, qu'il ne m'était plus possible de parler avec lui, de rire de ses blagues souvent poches, de partager une bière avec lui.
La famille de mon père se réunit encore pour le jour de l'an. Je n'y vais pas à chaque année, mais quand j'y vais, les quelques minutes avant la rencontre sont difficiles. J'ai mal au ventre, je suis à l'envers, je n'ai plus envie d'y aller.
La ressemblance entre mon père et ses quatre frères est si frappante que j'ai l'impression de me retrouver face à face avec lui. Un de ses frères a le même sourire, l'autre la même physionomie. À chaque fois, même si ça fait plus de 15 ans, lorsque je me penche vers eux pour leur souhaiter bonne année, je dois me retenir pour ne pas pleurer. J'ai envie de les prendre dans mes bras, de les serrer très fort, de croire pour un instant que ça n'est pas un de ses frères qui m'étreint, mais mon papa.
Mais c'est Guy ou Jean-Claude ou Bernard ou Jacques, jamais Gilles. Alors je retiens mes larmes et je leur souris.
Le temps fait bien les choses. On s'habitue au départ de quelqu'un qui était si important pour nous.
Mais on l'aime toujours autant.
6 commentaires:
T'es chanceuse d'avoir pu connecter avec ton père, même si ça n'a pas duré aussi longtemps que ça aurait dû. Ces moments, cet échange, resteront avec toi pour toujours. Et puis, peut-être que tu devrais te laisser aller à pleurer dans les bras de tes oncles, p'têt qu'ils te serreraient fort et ça t'aiderait un peut. J'dis ça d'même.
C'est vraiment intéressant ce que tu dis, Sophie. C'est drôle, parce que jamais on ne parle de mon père pendant ces soirées. Je pense que son décès avait été difficile pour ses frères, parce qu'il était le bébé de la famille et il est mort si jeune. Mais mes oncles ont toujours l'air si content de me voir, peut-être qu'eux aussi auraient envie d'en parler un peu? Je devrais peut-être suivre ton conseil... ou du moins aborder le sujet avec eux...
Comme c'est beau ce que tu confies. Je m'imaginais que c'était à moi que ça arrivait. Aller dans la famille de papa alors qu'il n'est plus. Moi, c'est Philippe, Maurice et Jean-Guy que j'aurais bien du mal à regarder.
Ce midi, j'ai mangé au centre d'achats avec papa. C'était simple et bien. Faut que j'apprécie ce genre de trucs. Te lire me le rappelle. Je comprends ta nostalgie même si je ne l'ai pas vécue. Je suis un peu fébrile et angoissée vis à vis la mort de mes parents...comme bien des gens probablement....j'espère que tu savoures bien la présence de ta maman ...Belle année à toi ma chère Nathalie ;)
Merci Michèle pour ce si gentil mot...
Je ne suis pas certaine qu'on s'habitue. Mon père est mort depuis dix ans et je ressens encore de l'émotion quand je pense à lui. Je connecte donc facilement avec votre billet! Nous sommes bien chanceuses d'avoir eu un lien fort avec nos pères, ce n'est pas le cas de tout le monde.
Merci femme libre, il est vrai que nous avons eu beaucoup de chance...
Publier un commentaire